Elisabeth Stalder

Cartes de Noël aux accents provençaux : entretien avec l'artiste Elisabeth Stalder

Portrait Elena
de Elena Höppner Content MarketingPublié le 23/12/2021

«J'ai travaillé le matin, l'après-midi et après le repas du soir.» Cette phrase n'est pas d'un père de famille à plein temps, mais d'Elisabeth Stalder, 90 ans. La mère du cofondateur de Vanillaplan et spécialiste IT Remi Stalder passe son temps de préférence à l'atelier, à son travail : la création d'œuvres d'art. À l'occasion de ses 90 ans, elle a présenté cette année une exposition de ses œuvres inspirées de la Provence – et le motif de l'une d'elles orne notre carte de Noël Vanillaplan de cette année. Nous en avons profité pour jeter un coup d'œil dans les coulisses et interviewer Elisabeth Stalder sur son travail et sur l'exposition de cette année.

En entrant dans l'appartement de Madame Stalder, parmi les œuvres les plus diverses qui ornent le salon, la salle à manger, la cuisine et le couloir, ce sont d'abord les mobiles chatoyants au soleil qui attirent le regard. La conversation s'engage aussitôt et elle explique : «Les mobiles sont en verre acrylique, le travail est très éprouvant. Il y a des blocs de deux mètres sur trois qu'il faut choisir, dont il faut découper la forme et qu'il faut enfin poncer. Mon plus grand objet en verre acrylique se trouve dans l'église de la Toussaint à Bâle. Il fait cinq mètres de haut et se compose de douze fils. Un mobile qui capte la thermique et peut tourner.» Elle raconte que, dans l'église, c'est un symbole de Pâques et ajoute : «Je trouve que c'est un symbole digne de Pâques et de la vie. Il bouge de lui-même et tourne, reflète, brille, comme la vie elle-même.»

Interrogée sur son parcours professionnel vers l'art, elle raconte : «Comme première formation, j'ai fait institutrice primaire. Le professeur de dessin de l'école normale m'a dit qu'après mon diplôme je devrais aller à l'École des arts appliqués de Zurich. Alors que j'étais déjà engagée comme enseignante, je m'y rendais deux ou trois fois par semaine et j'ai suivi la formation en parallèle.» Elle évoque ensuite le moment où elle a décidé de faire vraiment de l'art son métier et de le poursuivre sérieusement. «À 27 ans, je me suis mariée et il y a alors eu pour la première fois une exposition pour jeunes artistes à Sissach. J'y ai participé. Nous attendions tous dehors avant le vernissage, personne ne savait que je peignais. Et finalement mes tableaux se sont retrouvés dans la plus belle salle. À la suite de cela, la Banque cantonale m'a acheté deux tableaux et cela m'a beaucoup marquée. Je me suis dit : si c'est ainsi, alors je dois prendre cela au sérieux et travailler davantage. Et j'ai commencé à travailler pour de bon, pas seulement à côté. Ce fut le début, après quoi j'ai considéré cela toute ma vie comme un métier.»

Nous en venons enfin à la carte de Noël, dont Madame Stalder raconte la genèse : «J'ai été invitée par le galeriste qui a organisé cette exposition. Il est parti en Provence et a loué une petite maison pendant sept semaines. J'ai mis longtemps à dire oui, mais je me suis finalement décidée. Le galeriste a fait chaque jour une excursion avec moi pour me montrer la Provence. Il m'a emmenée sur la Montagne de Lure, d'où j'ai ensuite dessiné en direction des Alpes du Sud.» À propos des œuvres de l'exposition, elle raconte : «J'y ai naturellement un peu dessiné. Cette exposition ne comprend que des travaux nés en à peine un an à partir des dessins de Provence. Je n'avais jamais fait cela, une exposition en si peu de temps. J'ai travaillé le matin, l'après-midi et après le repas du soir. Cette exposition comptait 21 huiles. C'est beaucoup pour moi, parce que j'y travaille longtemps. Et 17 tableaux sur papier étaient exposés, j'en ai fait davantage encore. Le tout sur la Provence.»

Sur ce mot, nous montons dans son atelier, situé juste au-dessus de l'appartement, pour qu'elle puisse me montrer ses œuvres. C'est un vaste espace sous les combles, où tableaux colorés, matériaux les plus divers et esquisses au crayon voisinent dans un joyeux mélange. À la question de savoir avec quel type de peinture sont réalisées les œuvres devant moi, Madame Stalder explique : «C'est de la peinture à l'huile, et même l'ancienne peinture à l'huile, pas de l'acrylique. L'acrylique sèche en un quart d'heure et aucune modification n'est alors plus possible, il faudrait repeindre par-dessus. Mais la peinture à l'huile peut être lavée à la térébenthine et les tableaux encore modifiés.» À propos du processus de création de ses travaux, elle raconte : «Je fais d'abord des esquisses, puis il y a beaucoup de dessins intermédiaires jusqu'au tableau final» et elle me montre la pile d'esquisses. «Par ailleurs, je continue à travailler chaque jour. Ce n'est pas un nouveau départ le lendemain. Et parfois je suis très curieuse de voir comment je vais trouver le résultat lorsque j'ai encore fait quelque chose le soir et que je le regarde le lendemain matin avec des yeux neufs.»

Concernant le contenu de ses tableaux, elle raconte : «Vers le Nouvel An 2020-2021, je me suis dit : le temps passé en Provence est déjà si loin, n'était-ce pas seulement un rêve ?» Elle me montre un tableau représentant un coteau fleuri : «C'est le coteau avec ces maisons de Provence et ce sont les fleurs de rêve.» À la question de savoir dans quelle direction situer ses œuvres, elle répond : «Par exemple, pour les tableaux de Provence, il y a un arrière-plan réel, la Provence, mais c'est déjà façonné par moi, éloigné de la nature et transformé en tableau.» Elle utilise ainsi de nombreux éléments imaginaires et les associe à des réalités représentées de manière abstraite. Les émotions jouent en outre un rôle important. Elle souligne qu'à côté des fleurs de rêve, les «chemins» sont pour elle un symbole récurrent. «Cela peut aussi vouloir dire : des chemins à travers la vie. Des chemins qui mènent dans ce paysage. Trouver son chemin dans la vie.»

Nous remercions chaleureusement Elisabeth Stalder pour cet aperçu passionnant et souhaitons à toutes et à tous de joyeuses fêtes et un bon début d'année !