Les différents corps de métier de la construction sont toutefois inégalement touchés par les fluctuations de capacité. Les métiers qui s'exercent sur place et sont nettement plus exposés aux influences météorologiques – comme par exemple le génie civil et la construction routière, la ferblanterie ou la couverture – présentent un risque plus élevé de fluctuations de charge. En revanche, les métiers qui reposent sur la préfabrication et s'exercent donc en atelier, comme la construction bois, les constructions en acier ou les éléments en béton préfabriqués, dépendent nettement moins de la météo, ce qui favorise une charge d'entreprise plus régulière.
En fin de compte, le travail par projet se caractérise toutefois par le fait que tous les corps de métier dépendent les uns des autres et que les retards dus à la météo, à la maladie ou à une erreur de planification influencent toutes les parties prenantes. C'est pourquoi une planification prévisionnelle des capacités est indispensable pour compenser le risque de surcapacités et de goulets d'étranglement. Comme le personnel de chantier constitue la ressource déterminante pour la planification des capacités et que les heures de travail productives représentent en définitive le goulot de la planification, la question se pose de savoir comment compenser ces fluctuations temporaires de capacité en personnel.
Différentes possibilités s'offrent ici aux entreprises de construction, qui peuvent être judicieuses selon la situation de départ. Une option pour lisser les fluctuations de capacité serait une rocade interne de collaboratrices et collaborateurs, permettant de minimiser les écarts d'occupation entre différents sites. Une autre option serait le recours à du personnel externe. Se pose alors la question de savoir dans quelles circonstances il vaut la peine d'employer du personnel temporaire ou d'emprunter provisoirement des salariés d'une autre entreprise – et quels aspects il faut prendre en compte. Dans quelle mesure peut-il être judicieux de constituer un consortium avec d'autres entreprises de construction ou de mandater des entreprises comme sous-traitants pour l'exécution de prestations ? Nous approfondirons ces questions dans les prochains articles.

Des périodes de mauvais temps imprévisibles, la vague de grippe annuelle et, enfin, le coronavirus avec ses règles de quarantaine : les causes qui entraînent des temps d'arrêt imprévus dans une entreprise de construction sont diverses. À cela s'ajoute une charge de commandes irrégulière, à laquelle sont liés des goulets d'étranglement dus à une multitude de mandats ainsi que des surcapacités dues à un manque de commandes, ce qui peut provoquer des fluctuations parfois marquées dans l'occupation du personnel. Enfin, une planification temporelle erronée ainsi que d'éventuelles malfaçons d'autres corps de métier impliqués dans le projet sont des circonstances qui peuvent entraîner un retard de l'ensemble du projet et se répercuter ainsi sur la charge de capacité de sa propre entreprise.



.png)